samedi 11 octobre 2008

Impromptu de saint jacques... aux fleurs!

Cette semaine, Boss m'a gentiment proposé d'aller représenter l'Entreprise sur un salon professionnel à la capitale.
Traduction dépouillée des subtilités de langage politiquement correct : c'est sur moi, (suite à un tirage à la courte paille? qu'est ce que j'ai fait?? Pourquoi???) qu'est tombé le fardeau la chance de devoir faire le pied de grue dans 6 m2 à tenir non stop le sourire ultra-brite pour appâter le chaland pour lui vanter les mérites de l'Entreprise.
Bon, j'aurais pu dire non, genre j'ai une réunion à l'école du petit, j'ai piscine tout ça. Mais bon, j'ai dit oui. Mais j'aurais pu dire non!

Aaaaaaah Paris, Paris. Je ne sais par quel phénomène j'oublie d'une fois sur l'autre.
Je sors du train guillerette, fredonnant "la vie en rose", prête à sortir "oh là là", "c'est la vie", "champs élysées" (n'importe quoi), prête à mitrailler, à m'imprégner totalement du chic-glamour parisien, une touriste complètement assumée et ouverte à de nouvelles expériences capitalesques.
Pis pouf à peine posé un pied sur le quai de la gare, je suis déjà bousculée à gauche puis à droite, par plein de gens super speed (je sais pas de quoi mais c'est urgent et on peut pas attendre, pour info mon train arrivait à 18h20... ceci explique peut être cela).. je me fais pousser comme ça jusque dans la bétaillère le métro, où je suis pressée comme de la pâte à modeler dans la presse à pâte à modeler Dora des nains, ma valise est coincée entre deux paires de fesses, pas les miennes, et je me demande si j'en reverrais un jour l'autre bout ... pour couronner le tout, il fait 45° (ça aussi j'ai oublié) et j'ai bien sur mon pull ET mon manteau. Je vire tomate.
A un moment, miracle, la rame se vide soudainement, les deux paires de fesses lâchent ma valise, je peux même me payer le luxe suprême de m'affaler sur un strapontin.
Je savoure cette minute à moins de 200 décibels...avec l'impression de sortir d'une essoreuse à salade (vous notez le soin avec lequel j'essaie de trouver comparaisons, métaphores et autres figures de style sur le thème culinaire?).
La rame s'arrête, un homme monte, l'air déprimé (enfin, disons, l'air encore plus déprimé que les autres qui déjà sont pas mega mega baisants.. et pour cause!) .. et se met à déclamer. "Oui tout ça, ça me plait pas plus qu'à vous de faire la manche, mais j'ai moins de 25 ans, j'ai droit à rien, je veux bouffer donnez moi des sous." En version longue hein.

Pas que je joue à l'autruche hein, chômeuse de moins de 25 ans avec seulement mes yeux pour pleurer je l'ai été, assez pour plus jamais avoir envie de l'être, et pour trouver ça effectivement indignant. Mais j'avoue que là tout de suite, j'avais pas besoin de ça. Mes besoins primaires appelaient plutôt à du calme, du silence, pas longtemps, 2 minutes, 2 petites minutes, (pitié?), juste pour souffler quoi. Mais 2 minutes de silence et de calme c'est un luxe auquel personne n'a droit à Paris. Le bruit et la fureur, c'est ce qui m'est venu à l'esprit...

Puis la rame me recrache enfin, je suis à l'air libre... enfin "air", façon de parler. Bref 30 minutes que je suis à Paris, et ma vision idyllique de la capitale s'est pris un sacré coup dans la gueule. Je ne rêve que d'une chose, remonter dans mon train et rentrer dans ma cambrousse.
J'ai malheureusement beaucoup d'amis à Paris, ce qui m'oblige à intervalles réguliers à y faire escale (et soyons honnête, cette ville HORS BOULOT est incroyable et magnifique). Cette fois-ci ils m'ont donné rendez vous "à côté de la pharmacie" en sortant de la station de métro. Je sors, je la repère. Je pivote à 45°; j'en vois une autre.. puis une autre.. pas moins de 4 pharmacies en visuel. Chiotte.
Y'a qu'à Paris qu'on voit ça. Du coup j'ai pris en photo la place et les voitures... il fait un peu trop jour encore pour que ça rende comme je voudrais..
Bon je vous passe la suite hein, le salon chiant, le trajet vers le salon à l'arrière d'un scooter (uuuh) où j'ai cru perdre la vie entre deux camions poubelles plusieurs fois, etc etc...

Voilà, 3 jours comme ça et en rentrant chez moi je n'ai qu'une envie, me chouchouter, prendre le temps et vivre au vert.
Je nous ai donc concocté à Jules et moi un petit plateau sympa, des assiettes de carpaccio poire-haddock avec ciboulette et gingembre, déjà plus ou moins décrit ici, un velouté betterave chèvre cumin, pompé sur une recette sympa de aufeminin (je vous la mettrais dans un prochain billet), et ce petit tartare impromptu.
Bin oui les coquilles étaient en promo, j'en ai eu pour 1.90e... Bien sûr je n'avais rien pour accompagner..., mais les coquilles se contentent de peu! Il faut leur garder leur goût, quand même...

J'avais sous la main une tomate et aucune herbe fraîche... un peu dommage pour un tartare, quand même. Et là miracle, je retrouve le sel offert par ma soeur : un sel parfumé avec pas moins de 352489 ingrédients (attendez je vous liste, vs allez voir : algues, laitue de mer, origan, persil, basilic, coriandre, graines de moutarde, oignon, ail, graine de pavot bleu, herbe de citron, céléri, feuille de laurier, chilis, fleurs des champs), sel dans lequel il ne reste plus de sel (si! je vous assure! tout le sel est parti, reste l'accompagnement : parfait!! pcq je me voyais mal saler les coquilles).

Le semblant de recette ici :

Bon bin voilà hein, même pas la peine que je vous mette la recette, j'ai coupé les 4 coquilles (crues donc, hein oubliez pas c'est un tartare) en petits bouts, les tomates itou, quelques gouttes de jus de citron et j'ai vidé le fond de mon sel sans sel. The end.
C'était royal!

6 commentaires:

Ella a dit…

Woah !! Magnifique !!
Et quelle chance de pouvoir rentrer se ressourcer ^^
Jamais un seul instant de répit à Paris, c'est vrai que ça manque cruellement...

Claude-Olivier a dit…

ah non, c 'est pas toujours comme ça Paris! alors tu bosses pour une boite de PCR alors ;-) biz

carooo a dit…

je ne sais pas si rire du malheur des gens (le tien ici!) et politiquement incorrect,mais voyons le bien derrière tout ce mal,quand tu rentrée tu t'es chouchoutée et tu nous gâtes à notre tour!!!!!

Tifenn a dit…

j'adore, 20 pages sur ton voyage et trois mots de rectte...l'essentiel quoi! tu savais pas? à Pris, les Bretonnes on les reconnaît à leur teint rubicond.C'est comme ça que Yvan le Bolloch m'avait vue un jour d'une emission de ruquier à laquelle j'avais pu assister: rouge et luisante, en pull et speedée d'être à la bourre...

gourmeline a dit…

"La valise coincée entre 2 fesses, pas les miennes" tellement vrai surtout vers 8h du mat chatelet RER A ...
des st jacques fraiches : aahh la bretagne ...
PS : excellent le nom de ton blog

Tiuscha a dit…

Justement j'étais en train de cogiter sur un mariage saint jacques/violette...